Des nouvelles....
Samedi, j'ai sorti mon gros à 6h et j'ai découvert un pipi (partout). J'ai nettoyé après l'avoir fait sortir. A 8h30, je suis retournée le voir pour le faire sortir avant de lui donner à manger, j'ai ouvert la porte : un pipi.
Ça fait environ 4 matins d'affilée que je découvre ça alors que mon mari le sort quand il part, vers 5h.
On a soulevé l'incontinence parce qu'il fait quasiment tout le temps sur sa couverture (donc on a pensé qu'il faisait peut-être en dormant), mais il ne fait que dans sa pièce alors qu'il reste parfois plus de temps sur le canapé sans sortir et qu'il ne se lâche pas.
Finalement, j'ai l'impression que c'est le fait d'être enfermé (qui lui provoque beaucoup de stress à chaque fois). Autant le soir, ce n'est pas facile de le rentrer mais ça va quand même, et une fois rentré il ne dit rien (mais il halète démesurément), autant en journée, quand il se retrouve enfermé dans sa pièce, il panique complètement, il pousse des pleurs déchirants (moi, ça me fait souffrir). Je l'ai observé par la fenêtre (je voulais voir s'il faisait pipi) et il a beau avoir quelques friandises, il n'y touche même pas. Il est derrière la porte, en panique et "supplie" qu'on le laisse sortir tant sa détresse est réelle.
Hier matin, ma chienne lui a mis ses pattes sur son dos. Lui, bonne pâte, s'est un peu baissé et n'a pas bougé, n'a pas grogné, rien. Ils étaient comme ça, dans cette position qui (en gros) propose une hiérarchie entre eux et qu'il a acceptée. Mon compagnon et moi étions tous les deux hors de leur champ de vision (je fais très attention avec ça justement, pour ne pas être un enjeu pour elle), nous les regardions.
Ça a duré un certain temps et d'un coup, sans prévenir, sans qu'il y ait eu le moindre signe de la part d'aucun des deux, elle s'est jetée sur lui et l'a pris au niveau de la tête, vers l'oreille gauche, et l'a tenu en grognant. Il s'est mis à hurler de douleur, de peur... c'était horrible. On n'a pas bougé, on n'a pas voulu faire intrusion, le mieux étant de les laisser régler leurs comptes ensemble afin de ne pas générer de frustrations ou de tensions qui parasiteraient leurs relations. J'en étais malade de devoir attendre sans rien faire, c'était vraiment dur. Sauf que je m'étais imaginée qu'elle le lâcherait... j'avais tort. Elle était sur lui et ne lâchait pas sa pression

Je crois qu'il a du y avoir environ 15 secondes, 20, j'en sais rien. Il hurlait et voulait absolument s'enfuir plutôt que mordre. Quand il a essayé de partir et qu'elle était toujours agrippée à lui, il a fini (enfin "ils ont fini") par se retrouver devant nous, dans le couloir. Là on s'est regardé avec Damien et, sans qu'aucun mot ne soit nécessaire, on a décidé qu'il était temps de réagir. Je l'ai prise par la peau du cou (tout simplement parce que je n'avais aucun autre endroit où la prendre) et j'ai fait en sorte de la soulever pour qu'elle finisse par lâcher. J'avais encore tort de penser ça : elle ne le lâchait pas, elle le maintenait dans sa gueule quoiqu'il arrive.

Alors que je la maintenais toujours en l'air pensant qu'elle ouvrirait la gueule à un moment, Damien est intervenu en lui secouant la gueule. Elle tenait bon mais à un moment, elle a fini par lâcher. On l'a directement mise dans sa pièce, toujours sans un mot, elle avait la mâchoire qui claquait. Mon gros est parti se planquer dehors. Quant à nous, nous sommes restés quelques secondes à l'intérieur seuls, on était sous le choc.
Je suis allée le voir, je l'ai appelé de la porte fenêtre, il était sous la table de jardin et ne venait pas. Je n'ai pas insisté et préférais le laisser tranquille qu'il se remette de ses émotions. J'ai un peu attendu et je suis re-sortie. Je me suis assise par terre sans rien dire. Il est venu vers moi avec son oreille douloureuse et s'est laissé caresser sans aucun problème. Il s'est posé à côté de moi, hyper calme. Je m'étais attendue à ce que cet événement le stress intensément et qu'il mette un certain temps à s'en remettre mais il était très cool. J'avais un torchon sec et lui mettais sous le nez pour lui montrer avant de lui mettre à l'oreille. Il ne me laissait pas vraiment y toucher, il tournait la tête, mais ne grognait pas. Il ne partait pas loin de moi mais se tournait et revenait à moi. Il s'est même assis à mes jambes en se laissant caresser, s'est couché à plusieurs reprises et s'est mis sur le dos en se laissant gratouiller le ventre (enfin tout son corps en fait !).
J'ai été très étonnée de le voir si posé. Il n'était pas du tout léthargique ou en état de choc, mais juste "normal", tranquille. J'ai même fait des vidéos tellement j'ai trouvé ça hallucinant. Peut-être que notre comportement l'a favorisé mais je n'y crois pas vraiment, on est toujours très calmes alors qu'il lui est déjà arrivé de se mettre à stresser à cause d'elle. En tous cas, nos réactions n'auraient pas pu être meilleures : pas un mot, pas un cri, pas un hurlement. Nous n'avons commis aucune erreur qui se serait avérée regrettable.
Par contre, le gros problème c'est que, même en ayant observé la scène entièrement, je suis incapable de comprendre pourquoi elle a agit comme ça. Il n'y a rien eu. RIEN ! Aucune réaction de notre part, aucune réaction de sa part à lui, aucun bruit extérieur, rien !
Je sais qu'une bagarre éclatera de nouveau mais qu'elle ne s'arrêtera pas à une "simple" morsure. Tout est allé crescendo : d'abord l'entente parfaite, puis les grognements, la morsure... Je sais ce que va être la prochaine étape... ,S'ils venaient à se mordre mutuellement, ce serait véritablement violent

J'ai extrêmement peur de devoir en venir à la conclusion que cette cohabitation ne fonctionne pas. Personne ne peut imaginer comment je me sens. Il fait partie de ma famille !! L'abandonner lui c'est comme l'abandonner elle. Je ne peux pas ! Mais je sais aussi que je ne peux pas les garder ensemble. On m'a suggérée de faire des sorties alternées... mais ce n'est pas faisable ! Je ne peux pas l'enfermer lui ni le laisser dans le jardin pendant que je suis avec elle dans la maison. Je ne peux pas non plus le garder avec moi dedans pendant qu'elle est dans le jardin.
Je ne peux me résoudre à me séparer de lui. Même si je savais qu'il allait dans une bonne famille... je ne peux pas. Ce chien... c'est mon chien

Et le pire, c'est qu'il a réellement changé. Il est extra, je l'adore ! Il est adorable, se laisse caresser, il est super posé, super calme, les balades se passent merveilleusement bien, il commence (enfin !!) à être affectueux... ce chien irrécupérable dont personne ne voulait commence à devenir un chien incroyablement génial. S'il était toujours comme avant, que sa venue ici n'avait rien changé, peut-être éventuellement que me séparer de lui me blesserait moins mais là.... non pas là

Je n'ose encore y penser concrètement, je ne peux pas. C'est inimaginable de supposer qu'il puisse partir. Je me sens vraiment mal, c'est très douloureux.